La Prise de la Bastille en musique

14 07 2010

A Jean-Christophe Pucek pour m’avoir fait découvrir cet album.

La Prise de la Bastille en musique dans Histoire la-prise-de-la-bastille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avouons que le sujet était tout trouvé pour ce jour de Fête nationale française.

Il a plus de vingt ans maintenant, le Concerto Köln, un ensemble pour lequel les superlatifs viennent à manquer lorsqu’il faut en parler (il fête ses 25 ans, au passage, cette année), nous proposait un album intitulé « La Prise de la Bastille ». Sa réalisation prenait place dans les festivités du bicentenaire de la Révolution française. Quant à son programme, il nous proposait des concerti et symphonies inspirés de cet événement de l’histoire, contemporains des faits. C’est l’occasion de mesurer l’importance de l’événement en dehors des frontières de l’hexagone : Dittersdorf, Davaux, Martin et Gossec s’en inspirent.

Composer à partir des événements bien réels est une nouveauté à l’époque de l’éclosion de la musique de type symphonique. En effet, à l’époque baroque, ce sont les sujets antiques, médiévaux ou religieux, susceptibles par leur intemporalité de nous enseigner quelque morale ou valeur, qui prévalent.

Moins neuve sans doute, la composition de Davaux ouvre l’album : des airs patriotiques et populaires (Ca ira, la Marsellaise…) ponctuent brillamment sa symphonie concertante (période de transition aussi entre les styles concertant ou symphonique).

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Mais le chef d’oeuvre est sans doute cette symphonie « La Prise de la Bastille », de Dittersdorf : musique à programme où des échos du Chaos (les premières mesures s’apparentent fortement à cette de la Création de Joseph Haydn) évoluent rapidement. Les coups de canons et de fusils à l’assaut de la forteresse sont interprétés par les vents, le tout soutenu par une musique très vivante, aussi efficace que celle des bandes originales de cinéma.

Le deuxième mouvement, lent, est celui de l’apaisement où quelques mesures nous envahissent tantôt de désarrois, tantôt d’un sentiment de victoire encore fragile (la musique fait ressentir à l’auditeur l’impression que cet assaut était une « noble cause » et légitime le bien fondé de l’acte [motif et harmonie]), tantôt d’inquiétude. Enfin, un troisième mouvement en apothéose illustre la victoire, au son d’une marche militaire.

Ainsi, déjà à l’époque, la genèse du mythe de la Prise de la Bastille était en marche (lien vers un article sur ce mythe)…

 


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6 réponses à “La Prise de la Bastille en musique”

  1. 14 07 2010
    Jean-Christophe (18:41:00) :

    Cher Mr de l’Estro,
    Quelle belle idée que ce billet qui va permettre, sans nul doute, à tes lecteurs de découvrir une magnifique symphonie du dernier quart du XVIIIe siècle et un compositeur qui est encore, à mon avis, bien trop négligé, alors qu’il joue un rôle important dans le développement du genre – pas seulement quand il s’inscrit dans un programme, soit dit en passant. Je trouve, en particulier, le premier mouvement de cette « Prise de la Bastille » – dont tu as si bien parlé que je ne vois rien à ajouter – absolument fascinant, parce que le discours musical, en mêlant des influences différentes (françaises mais aussi en provenance directe de Mannheim), déploie une force incroyable (c’est aussi efficace qu’une bande-son cinématographique, tu as raison), qui soutient sans mal la comparaison avec la production de son temps, celle de Haydn comprise. L’interprétation du Concerto Köln est splendide (il n’y a pas grand chose à jeter dans la discographie de cet ensemble), enlevée, galbée sans être maigre. Tout l’album est d’ailleurs un régal (quand je pense que je l’avais trouvé dans un bac à soldes pour une bouchée de pain), qui me fait d’autant plus regretter que la musique de cette époque, encore très mal connue, soit si rarement interprétée, alors que je suis certain qu’on y dénicherait des trésors.
    Merci à toi d’avoir mis ce disque à l’honneur et aussi pour la dédicace, qui me touche beaucoup.
    Amitiés et, je l’espère, à bientôt.

  2. 15 07 2010
    lestroarmonico (08:59:00) :

    Cher Monsieur de Passée des Arts,

    Je culpabilisais depuis tant de temps de ne plus avoir écrit une ligne dans ces pages que je me suis dit qu’il fallait profiter de la journée d’hier pour le faire. Cela explique le caractère un peu « à la va vite » de ce billet.
    Je pense qu’il y a encore pas mal de choses à dire et l’idéal eut été de faire une analyse plus poussée ainsi que quelques recherches. Ce sera pour l’an prochain, peut-être.
    Pour revenir sur cette symphonie, comme tu le dis, je ne m’en suis pas remis non plus. Acquis aussi dans les mêmes circonstances que les tiennes (à l’exception près que tu l’avais évoqué dans tes pages, ce qui ne m’a pas fait hésiter une seule seconde), cet album est « simplement » splendide.

    Amitiés et, c’est certain, à très bientôt !

  3. 8 05 2015
    antoine (10:47:01) :

    Coucou les gars. Quel est le nom de l auteure Estrosi armonico

  4. 8 05 2015
    antoine (10:47:31) :

    Estro armonico

  5. 8 05 2015
    antoine (10:47:57) :

    Coucou

  6. 12 05 2015
    lestroarmonico (06:01:39) :

    Bonjour,
    Je vous ai envoyé un message en privé.
    L’estro

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