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L’Ommegang, festivité bruxelloise

29062008

Up-date : au fait des dernières recherches historiques, je vous invite à vous ruer sur le livre « Ommegang », paru aux éditions Albert Marinus, Bruxelles, 2013. Vous y découvriez quantités d’informations et d’iconographie absolument passionnantes !

English version: mid-page

  • Au commencement…

Comme c’est le cas pour bon nombre de processions et de festivités, leurs origines appartiennent souvent au légendaire. Le terme ommeganck est un nom commun signifiant « tourner autour [de l’église] » (gang « tourner » ; omme « autour, par » ; littéralement pro-cessio). Aujourd’hui, il n’y a presque plus qu’à Bruxelles que cette dénomination subsiste alors que de tels évènements se déroulaient dans bon nombre de villes. Le mot « kermesse » l’a petit à petit remplacé, même s’il tend à disparaître à son tour. En Wallonie, c’est le terme ducasse qui est utilisé, dérivant de dédicace (1).
L'Ommegang, festivité bruxelloise dans Bruxelles omme01L’ommegang de Bruxelles possède bien des origines miraculeuses : la légende raconte qu’une sainte et pauvre femme d’Anvers (ou de Bruxelles), Béatrix Soetkens, eut un songe dans lequel lui apparut la Vierge. Celle-ci lui ordonna à trois reprises d’enlever la statue à son effigie (Onze-Lieve-Vrouw-op-Stocxken) d’une église de la ville d’Anvers. Le sacristain du lieu tenta, en vain, de l’en empêcher ; il fut frappé d’immobilité. Beatrix s’enfuit alors sur un léger esquif qui l’attendait à l’extérieur des remparts… comme par miracle. Elle remonta l’Escaut jusqu’à l’embouchure de la Senne et rejoignit Bruxelles. Là, elle fut reçue par les hautes autorités du Brabant et de la ville, ainsi que par les métiers et les arbalétriers qui se chargèrent de transporter la statue avec tout le faste qui lui était dû dans la chapelle du Sablon nouvellement édifiée. La première mention de la cérémonie remonte à 1348 (2).
L’anniversaire de commémoration de cet événement se déroula chaque année, le dimanche précédent la Pentecôte. Dès le XIVe siècle, il eut bien vite fait d’éluder les processions des deux paroisses de Bruxelles (celles de Saint-Michel et Saint-Jean).

  • Du XIVe au XVIe siècles

Les festivités de l’ommegang ne tardèrent pas à se confondre avec celles de la fête communale, comme il était courant dans les autres villes. Cela permit de rehausser le prestige de la procession et l’apport de nouveaux revenus lui conférèrent davantage de faste. A cette occasion, le souverain se devait de donner l’aumône aux plus démunis et de supporter les frais des costumes de certains enfants (ce fut le cas de la duchesse Jeanne de Brabant en 1379 et de Marguerite d’Autriche en 1529) (3).
omme02 dans BruxellesParmi les représentations qui marquèrent les annales, il y eut celle de 1456 où le dauphin de France, Louis (futur Louis XI), en exil chez son oncle Philippe le Bon, duc de Bourgogne, assista au cortège. Comme tous les souverains ou les étrangers de marque, il fut convié par le magistrat de prendre place à la maison échevinale (4). Une autre représentation, celle de 1544, commémora la Paix de Crépy entre Charles Quint et François Ier. L’empereur, accompagné de ses sœurs Eléonor de France et de Marie de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas, participa à l’événement. Mais, s’il en est une à retenir, c’est sans nul doute celle qui se déroula en 1549, car le faste avec lequel l’empereur fut reçu par la ville fut sans nul autre pareil. L’infant Philippe y assista aux côtés de son père et de ses tantes, Marie de Hongrie et Eléonor de France. C’est la reconstitution de ce jour qui est jouée aujourd’hui. Heureusement pour nous, un témoin oculaire, Calvete de Strella, nous a décrit la procession dans son récit du voyage de Philippe dans les Pays-Bas. Ce texte vaut largement le détour pour qui s’intéresse un temps soit peu au folklore (5). Outre quelques succulents détails (comme un enfant jouant de l’orgue dont les touches oppressent la queue de chats qui miaulent ; le bâptème et la circoncision du Christ [il est dommage de ne pas avoir plus de précision sur la mise en scène]), l’auteur nous énumère les différents participants et la manière dont ceux-ci étaient vêtus.
Alors que les premières festivités débutaient sur la Grand-Place, le cortège partait du Sablon et empruntait notamment les rues du Chêne et de l’Etuve pour se rendre sur la place principale. Les Serments ouvraient la marche : les arbalétriers du Petit Serment (dédié à saint Georges), aux habits de couleurs blanche et rouge, étaient suivis du Serment des archers en blanc, rouge et noir (dédié à Saint Sébastien), du Serment des escrimeurs en blanc et bleu (dédié à Saint-Michel), du Serment des arquebusiers en blanc (dédié à saint Christophe), ainsi que du Grand Serment en vert (6). Approchaient ensuite les différents corps de métiers, accompagnés de leurs doyens (de rouge vêtus) portant les keerssen, perches en bois sculpté surmontées des outils de leur profession. Les trois chambres des rhétoriques emboîtaient le pas, suivis du omme04Magistrat à la coiffe de velours noir et à la tunique rouge, couleur de la ville. Le clergé et les ordres mendiants poursuivaient, précédés des Lignages des sept familles de Bruxelles. A cela s’ajoutaient encore un diablotin essayant d’éteindre la lanterne de saint Gudule ; la Pucelle de Bruxelles sur son lit de parade ; les géants (Papa, Maman, Janneke, Mieke et la famille) ; le cheval Bayard ; ainsi que des chars (relatant des fables légendaires, religieuses ou burlesques) montés par des musiciens, acteurs et animaux (vrais ou des hommes déguisés). Ceux-ci illustraient, par exemple, l’arbre généalogique de David sur le dos d’un chameau, un griffon avec des angelots, Saint-Michel terrassant le dragon, saint Georges, etc. Bien évidemment, ce cortège était et est toujours bourré d’anachronismes qui pourraient surprendre de prime abord, mais qui illustrent particulièrement bien le vieux folklore bruxellois et flamand.
Traditionnellement, après le défilé sur le Grand Marché, un repas était offert par la plupart des métiers. Cette coutume fut abolie au XVe siècle à cause des coûts qu’elle engendrait et fut remplacée par deux stoep de vin offerts à chaque figurant (7). Au terme de cela, le cortège remontait jusqu’à l’église du Sablon où les arbalétriers du Grand Serment tiraient des oiseaux de bois fixés sur le transept de l’église. Cette festivité était l’occasion d’élire les nouveaux doyens et jurés, ainsi que les maîtres d’églises. L’arbalétrier qui parvenait à abattre le papegai, un oiseau aux plumes colorées, était élu, pendant un an, roi du serment à l’ « applaudimètre » et recevait un joyau qu’il devait porté sur son chaperon. Au bout de sa troisième victoire, il devenait roi perpétuel jusqu’à sa mort où sa récompense, sa meilleure arbalète et son plus bel uniforme étaient confiés à Notre-Dame (8).
Notons enfin que la quantité d’accessoires était telle que, dès le XVe siècle, ils déménagèrent de l’église du Sablon pour être entreposés dans une bâtisse de la rue d’Or.

  • La représentation de 1615

Mais l’ommegang ne connut pas que des années de faste. Lors des troubles religieux, les Calvinistes limitèrent la procession à faire le tour de l’église du Sablon quand des désordres n’éclataient pas lors de son passage. Elle fut définitivement supprimée en 1580 et la statue de la Vierge fut confisquée. La soumission de Bruxelles au prince de Parme aura vite fait d’effacer les cicatrices. Le règne des archiducs Albert et Isabelle fut particulièrement favorable à la fête (religieuse, d’abord, rappellons-le) ; elle put retrouver sa splendeur d’antan. Le peintre Denis Van Alsloot immortalisa l’événement : toutes les façades de la place sont décorées pour l’occasion et la Maison du Roi est couverte de drapeaux flottant au vent. Les costumes, à la mode espagnole et aux couleurs sombres pour ne pas dire austères, tranchent avec les habits richement colorés décrits dans le compte-rendu de Calvete de Strella. Cette série de tableaux nous permet toutefois d’apercevoir l’ensemble de la procession, les chars ainsi que les animaux fabuleux (9). Après cela, comme d’accoutumée, les serments remontaient jusqu’à l’église du Sablon pour tirer les oiseaux. On ne sait pas si ce fut une main chanceuse ou si elle fut aidée (à moins qu’elle ne fut experte en la matière), mais l’archiduchesse Isabelle s’exerça au tir…et remporta le titre de « reine ».

  • De la fin de l’Ancien Régime à aujourd’hui

Il va de soi que les annales n’ont gardé que les images hautes en couleurs de cette festivité. Les représentations finirent omme03par s’éroder et se ternir avec le temps. L’ommeganck faillit à jamais disparaître, dérivant vers une célébration qui s’apparentait à n’importe quelle procession religieuse. La fin de l’Ancien Régime fut difficile : le siècle des Lumières et le régime français faillirent le laisser tomber dans l’oubli. Il fallut attendre les anniversaires de l’Indépendance pour que l’ommegang réapparaisse (1930 et 1980), réinventé et reconstitué comme on imaginait la Joyeuse Entrée de Charles Quint (1549) à l’époque. Le choix de la reconsitution de l’ommegang de 1549 n’est en lui-même pas innocent : pour cette recréation patriotique (les couleurs noir-jaune-rouge ont envahi pas mal de costumes), il ne fallait pas prendre n’importe quelle représentation. Ici, Charles Quint est synonyme d’âge d’or, comme l’est Louis XIV pour les Français.

Depuis, une société (Ommegang) s’attèle a sauvegarder cette fête car les années ’80 et ’90 furent relativement ternes pour l’ommegang : la fête se déroulait de façon plus ou moins régulière et gardait sa réputation de club fermé, réservé à la noblesse ou l’aristocratie.
Aujourd’hui, la fête tente de regagner ses couleurs. La modernisation et le renouvellement (en bien ou en mal) en furent le prix à payer : des commentaires en voix off initient les spectateurs, des gilles de Binche envahissent la Grand-Place (affreux anachronisme et horrible délocalisation pour plaire aux touristes qui peuplent les gradins), des échassiers se livrent à des combats devant un public enthousiaste, des boissons gazeuses remplacent les stoep de vin, etc. Au Sablon, des joutes et des tournois, des ateliers d’artisans, des dégustations ou des concerts peuplent la place et permet à l’ommegang de se faire voir en-dehors de la grand place. C’est toute une réappropriation de l’espace urbain et une volonté de populariser cette fête qui est en marche. Aussi, cette année, la grand-place sera en partie gratuite, une nouveauté totale (grâce, notamment, aux aides financières diverses et au sponsoring) (10).

Car les organisateurs se sont enfin rendus à l’évidence : ce genre de festivités n’a de salut que si elle connue et reconnue par les habitants de la ville, que ceux-ci y participent et y adhèrent, qu’elle semble accessible et non lointaine. C’est ce travail d’image qui est en pleine modernisation. Et cela semble fonctionner.

 

Remarque : il s’agit d’une actualisation d’un article publié pour la première fois dans le journal du Cercle d’Histoire de l’Université Libre de Bruxelles : G.V.A., « L’ommegang, festivité bruxelloise », La Colonne, IX, n°1, septembre 2005, pp. 4-8. Histoire de l’ommegang Historique de l’ommegang
________________________
1 Marcel VANHAMME, Bruxelles, de Bourg rural à Cité mondiale, Anvers, Mercurius, 1968, p. 110.
2 Alexandre HENNE & Alphonse WAUTERS, Histoire de la ville de Bruxelles, Bruxelles, Culture et civilisation, 1975 (1845), p. 104 ; Edgard GOEDLEVEN, La Grand-Place de Bruxelles : au cœur de cinq siècles d’histoire, Bruxelles, Racine, 1993, p. 68.
Ibid, p. 106.
4 Idem.
5 Retranscrit dans Louis HUYMANS, Bruxelles à travers les âges, t. 1, Bruxelles, Bruylant-Christophe, 1888 (?), pp. 180-186.
6 Idem ; Marcel VANHAMME, Op. cit., pp. 112-113.
7 Alexandre HENNE & Alphonse WAUTERS, Op. cit., p. 106.
8 Idem ; Edgard GOEDLEVEN, Op. cit., p. 68.
9 Voir à ce propos : ibid., pp. 98-91.
10 L’ommegang « extra » organisé en août 2007 a permis que la ville de Bruxelles soit choisie pour un congrès de neurologie, avec les retombées financières qu’engendrent 15 000 nuitées en pleine période estivale. La ville de Bruxelles aurait-elle enfin compris que l’ommegang est un produit dont est peut se servir et exporter, pour vendre son image ?

 

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ English version ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

 

The Ommegang, Brussels feast

  • In the beginning…

As is the case for many processions and festivities, their origins are often legendary. The term ommeganck is a common name meaning « turn around [the church] » (gang « turn » omme « around, » literally pro-cessio). Today there are almost more than Brussels that the denomination remains while such events were taking place in many cities. The word « kermesse » has gradually replaced, even though it tends to disappear in turn. In Wallonia, the term is used ducasse, drift dedication (1).
omme01The ommegang of Brussels has many origins miraculous: the legend that a holy and poor woman in Antwerp (or Brussels), Soetkens Beatrix, had a dream in which he appeared to the Virgin. It ordered him three times to remove the statue in his likeness (Onze-Lieve-Vrouw-op-Stocxken) of a church in the city of Antwerp. The sacristan venue tried in vain to prevent it was struck immobility. Beatrix then fled on a small skiff that was waiting outside the walls … as a miracle. It went up the Scheldt to the mouth of the Seine and joined Brussels. There she was received by the highest authorities of Brabant and the city, as well as trades and crossbowmen who is instructed to transport the statue with all the pomp that was owed in the chapel newly built Sablon. The first mention of the ceremony dates back to 1348 (2).

The anniversary commemoration of that event takes place each year, the previous Sunday Pentecost. From the fourteenth century, it was soon made to avoid the processions two parishes in Brussels (those of Saint Michael and Saint-Jean).

  • From the fourteenth to the sixteenth century

The festivities of the ommegang soon to be confused with those of the communal feast, as was common in other cities. This permit to raise the prestige of the procession and providing new revenues him conférèrent more pomp. On this occasion, the sovereign had to give alms to the poor and bear the costs of costumes of some children (as was the case of Jeanne Duchess of Brabant in 1379 and Margaret of Austria in 1529) (3).

omme02Among the performances that marked the annals, there was that of 1456 when the Dauphin of France, Louis (the future Louis XI), in exile with his uncle Philip the Good, duke of Burgundy, attended the procession. Like all sovereign or foreign brand, he was invited by the magistrate to take place at home échevinale (4). Another representation, that of 1544, commemorative Peace Crépy between Charles V and King Francis. The emperor, accompanied by his sisters Eléonor France and Mary of Hungary, governor of the Netherlands, participated in the event. But if ever there was one to remember is undoubtedly the one that took place in 1549, as the pomp with which the emperor was received by the city was without no other. The infant Philippe attended alongside her father and aunt, Mary of Hungary and Eléonor de France. This is the recovery of this day is played today. Fortunately for us, an eyewitness, Calvete of Strella, we described the procession in his account of the voyage by Philippe in the Netherlands. This text is well worth the detour for anyone interested time is a little folklore (5). Apart from some succulent details (like a child playing the organ whose keys oppress the tail of cats that miaulent; bâptème and circumcision of Christ [it is a pity not to have more precision on staging]) the author lists the various participants and how they were dressed.

While the former festivities started on the Grand Place, the procession started from the Sablon and borrowed including the streets of Oak and the Etuve went to the main square. The Oaths opened the march: crossbowmen Petit Oath (dedicated to St Georges), wearing white and red colours, were followed by the oath of archers in white, red and black (dedicated to Saint Sebastian), the Oath of fencers in white and blue (dedicated to Saint-Michel), the Oath of arquebusiers in white (dedicated to Saint Christopher) and the Grand oath green (6). Approchaient then the various guilds, accompanied by their deans (dressed in red) on the keerssen, carved wooden poles topped tools of their profession. The three rooms rhetoric emboîtaient step, followed by the Magistrate headdress black velvet tunic and the red color of the city. The clergy and mendicant orders continued, preceded by the Lineages of the seven families of Brussels. In addition imp still trying to omme04extinguish the lantern St. Gudule; Virgin from Brussels on his bed parade; giants (Papa, Maman, Janneke, Mieke and family); horse Bayard, as well as chars (recounting legendary fables, religious or burlesques) mounted by musicians, actors and animals (real or men disguised). These illustrated, for example, the pedigree of David on the back of a camel, a griffin with cherubs, Saint-Michel overcoming the dragon, St. George, and so on. Obviously, this procession was and is still full of anachronisms that might surprise at first glance, but which illustrate well the old folklore Brussels and Flemish.
Traditionally, after the parade on the Grand Market, a meal was offered by most trades. This custom was abolished in the fifteenth century because of costs it generated and was replaced by two stoep wine offered at each contained (7). After that, the procession went back to the church where the Sablon crossbowmen Grand oath shooting birds of wood fixed on the transept of the church. This celebration was an opportunity to elect new deans and jurors, as well as contractors churches. The arbalétrier who managed to shoot down the papegai, a colorful bird feathers, was elected for one year, king of the oath to the « applause » and received a jewel that was focused on his chaperon. After his third victory, he became king perpetual until his death when his reward, his best crossbow and his finest uniform were assigned to Virgin Mary (8).
Lastly, the quantity of materials was such that, from the fifteenth century, they moved the church Sablon to be stored in a building on the rue d’Or.

  • The representation of 1615

But ommegang not only knew that years of pomp. During the religious unrest, the Calvinists limitèrent the procession to visit the church when the Sablon disorders n’éclataient not during his visit. It was finally abolished in 1580 and the statue of the Virgin was confiscated. The submission of the Brussels prince of Parma will be quick to erase the scars. The reign of Archdukes Albert and Isabella was particularly favourable to the party (religious, first of all, remember it); she was able to regain its former glory. The painter Denis Van Alsloot immortalisa the event: all facades of the square are decorated for the occasion and the Maison du Roi is covered with flags floating in the wind. The costumes, fashionable Spanish and the dark colors if not austere, contrast with richly colored clothes described in the report of Calvete of Strella. This series of paintings, however, allows us to see the entire procession, tanks and fabulous animals (9). After that, as usual, oaths dating back to the church Sablon to draw birds. It is not known if it was a lucky hand or if she was helped (unless it was an expert in this field), but the Archduchess Isabella exercised fire… and won the title of « queen ».

  • From the end of the Ancien Regime to today

It goes without saying that history had kept the pictures of this colourful celebration. Performances eventually erode and omme03tarnish over time. The ommeganck have almost never disappear, drift towards a celebration that was akin to any religious procession. The end of the Ancien Regime was difficult: the Enlightenment and the french regime have almost dropping into oblivion. It was not until the anniversaries of Independence for the ommegang reappear (1930 and 1980), reinvented and re-imagined as the Funny Entry Charles Quint (1549) at the time. The choice of the reconsitution of ommegang of 1549 is in itself not innocent: for this recreation Patriotic (the colors black-yellow-red invaded a lot of costumes), it should not take any performance. Here, Charles Quint is synonymous with golden age, as is Louis XIV to the French.

Since then, a company (Ommegang) is working to save the festival has since the’80s and’90 were relatively dull for ommegang: the feast was proceeding more or less regularly and kept its reputation as a closed club, reserved for nobility or aristocracy.
Today, the party tries to regain its colors. The modernization and renewal (for better or for worse) were the price to pay: comments voiceovers introduce spectators, gilles Binche invade the Grand-Place (ugly and horrible anachronism relocation to please tourists who populate the bleachers), waders engage in combat before an enthusiastic audience, soft drinks replace stoep wine, and so on. Sablon, games and tournaments, artisan workshops, tastings and concerts populate the place and allows the ommegang to be seen, outside the main square. This is a reappropriation of urban space and a willingness to popularize this festival is running. Also, this year’s main square will be partly free, a total novelty (thanks in part to various grants and sponsorship) (10).

For the organizers have finally returned to the obvious: this kind of celebration has hello if it known and recognized by the inhabitants of the city, which they participate and adhere to, it seems accessible and not far away. This work image that is rapidly modernizing. And it seems to work. Ommegang History

 

Note: This is an update of an article first published in the newspaper Circle History of the Free University of Brussels : G.V.A., « L’ommegang, festivité bruxelloise », La Colonne, IX, n°1, septembre 2005, pp. 4-8.
________________________
1 Marcel VANHAMME, Bruxelles, de Bourg rural à Cité mondiale, Anvers, Mercurius, 1968, p. 110.
2 Alexandre HENNE & Alphonse WAUTERS, Histoire de la ville de Bruxelles, Bruxelles, Culture et civilisation, 1975 (1845), p. 104 ; Edgard GOEDLEVEN, La Grand-Place de Bruxelles : au cœur de cinq siècles d’histoire, Bruxelles, Racine, 1993, p. 68.
Ibid, p. 106.
4 Idem.
5 Retranscrit dans Louis HUYMANS, Bruxelles à travers les âges, t. 1, Bruxelles, Bruylant-Christophe, 1888 (?), pp. 180-186.
6 Idem ; Marcel VANHAMME, Op. cit., pp. 112-113.
7 Alexandre HENNE & Alphonse WAUTERS, Op. cit., p. 106.
8 Idem ; Edgard GOEDLEVEN, Op. cit., p. 68.
9 Voir à ce propos : ibid., pp. 98-91.
10 The guest ommegang organized in August 2007 has allowed the city of Brussels is chosen for a congress of neurology, with the financial fallout stemming from 15 to 000 nights full summer season. The city of Brussels have finally understood that ommegang is a product that is can use and export, to sell its image?

 







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