• Accueil
  • > Archives pour le Mardi 20 mai 2008

Même géants, tout petits nous sommes…

20052008

Petite précision : les photos ne sont pas de moi :-DJe dédie cet article à une personne particulière qui se reconnaîtra si elle lit ces lignes.

Changement radical de registre. Les habitués de ces pages savent que je surprends parfois par mes choix. J’aime étonner et déteste me conforter dans un systématisme sans intérêt, sinon celui de répéter sous une forme différente ce qu’on a déjà réussi par le passé. Aussi, à ceux qui viennent ici pour la nouvelle analyse d’une peinture ou d’un morceau classique, qu’ils attendent le prochain billet. Aujourd’hui, je voudrais changer les habitudes et présenter, à ceux qui ne le connaîtraient pas encore, un artiste – oui, nous pouvons employer ce mot, beaucoup plus approprié que « chanteur » – d’un talent rare : Pierre Lapointe.

Et pour vous donner l’eau à la bouche, je ne me lancerai pas cette fois-ci (une autre sans doute) dans une courte biographie. Non. Je vous présenterais plutôt une de ses chansons, une des plus réussies surtout.

Pierre Lapointe n’écrit pas de ces chansons qui ne parlent pas ou n’évoquent rien. Au contraire, les siennes sentent le vécu, non dans son interprétation romantique du terme, c’est-à-dire celle où l’artiste raconte son passé et se met à nu. Ici, nous devrions plutôt voir l’acteur, celui qui se glisse dans la peau d’un personnage (parfois reflet d’un trait de caractère de sa personnalité) le temps d’une scène, la chanson ; le temps d’un acte, l’album.

 

                                        Tel un seul homme

Image de prévisualisation YouTube

La musique est simple, à l’opposé du texte, profond : pulsation lente, récurrences mélodiques, balancement. Seul le refrain est à peine plus soutenu. A peine. Il y a là comme une hypnose qui s’en dégage : nous marchons tous (mais seul !) dans la même direction vers notre fin, inexorable, mais faisons du sur place.

Il n’y a rien à objecter concernant les paroles : elles sont percutantes et bien écrites. Les pieds sont variables d’un sonnet à l’autre (même à l’intérieur d’un même sonnet), ce qui permet à l’artiste de ralentir lorsqu’il veut developper (notamment les images), d’accélérer lorsqu’il veut aller à l’essentiel et créer une sorte de  »chute. »

Quant au clip, il illustre la chanson : de l’oeuf d’où nous venons jusqu’à la lumière (dont nous sommes une infime partie) vers laquelle nous irons, les épreuves sont nombreuses dans ce monde peuplé d’une foule anonyme (les arbres). Malgré tout, nous continuons à marcher sous la voûte étoilée dans la solitude la plus totale. Le rideau tombe sur le théâtre de la vie.

Voilà ce qu’on pouvait très brièvement évoquer à propos de cette chanson. J’espère qu’elle invitera les habitués de ces pages à découvrir d’autres horizons, tout comme les néophytes au classique à explorer ce blog. Qui sait ? Peut-être qu’il deviendra un lieu d’échanges…

 

Paroles

Et si je vous disais que même au milieu d’une foule
Chacun, par sa solitude, a le cœur qui s’écroule
Que même inondé par les regards de ceux qui nous aiment
On ne récolte pas toujours les rêves que l’on sème

Déjà quand la vie vient pour habiter
Ces corps aussi petits qu’inanimés
Elle est là telle une déesse gardienne
Attroupant les solitudes par centaines…

Cette mère marie, mère chimère de patrie
Celle qui viendra nous arracher la vie
Celle qui, comme l’enfant, nous tend la main
Pour mieux tordre le cou du destin

Et on pleure, oui on pleure la destinée de l’homme
Sachant combien, même géants, tout petits nous sommes

La main de l’autre emmêlée dans la nôtre
Le bleu du ciel plus bleu que celui des autres
On sait que même le plus fidèle des apôtres
Finira par mourir un jour ou l’autre

Et même amitié pour toujours trouver
Et même après une ou plusieurs portées
Elle est là qui accourt pour nous rappeler
Que si les hommes s’unissent
C’est pour mieux se séparer

Cette mère marie, mère chimère de patrie
Celle qui viendra nous arracher la vie
Celle qui, comme l’enfant, nous tend la main
Pour mieux tordre le cou du destin

Et on pleure, oui on pleure la destinée de l’homme
Sachant combien, même géants, tout petits nous sommes

Car, tel seul un homme, nous avançons
Vers la même lumière, vers la même frontière
Toujours elle viendra nous arracher la vie
Comme si chaque bonheur devait être puni

Et on pleure, oui on pleure la destinée de l’homme
Sachant combien, même géants, tout petits nous sommes







DANSE avec les étoiles |
Ex-Pression |
CATGRR |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | skhoun
| ma peinture
| bricoles