Moments

13062011

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Quelques éclaircies dans un après-midi tantôt gris, tantôt pluvieux. Les maisons à Bruxelles se confondent avec le ciel. Atmosphère particulière. Je ne sais pas expliquer pourquoi. Le temps passe très lentement et l’impression d’avoir vécu deux journées en une seule me saisit. La fatigue ne doit pas y être étrangère.

La musique de Vivaldi (encore) scande cette journée, comme les antiennes d’une messe. Consécration ou présentation de l’hostie en est l’apothéose, par l’acquisition d’un livre sur… Vivaldi (encore !), aux éditions Fayard.

La musicologue Sylvie Mamy a achevé une belle synthèse sur le compositeur, tenant compte des dernières recherches sur le sujet.

Déjà, la couverture intrigue : un nouveau portait du compositeur ? Puisque la célèbre peinture de Sienne n’est toujours pas authentifiée, pourquoi ne pas utiliser le portrait d’un anonyme, prêtre et compositeur ? Non, ça n’est certainement pas Vivaldi sur cette illustration ; ça signifie simplement que son visage a changé et que beaucoup d’hypothèses restent ouvertes !

 

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En effet, en vingt ans, un nouveau Vivaldi est apparu : d’instrumentiste, il est devenu impresario de ses propres opéras, pédagogue et compositeur de musique sacrée (la plus belle partie – peut-être la plus personnelle – de son œuvre) ; le couple Venise-Vivaldi s’est dissipé : la première ne l’a jamais aimé mais l’étouffait ; le second fuyait sa ville natale.

Autant dire que l’enthousiasme m’a envahi : j’y déguste chaque mot, conscient qu’un tel type d’ouvrage ne verra plus le jour avant plusieurs années (j’étais moi-même étonné de cette publication).

Venise se rapproche, lentement, à travers Vivaldi, sa musique et la fascination qu’il exerce sur moi. A moins que ça ne soit l’inverse…

J-2




La Prise de la Bastille en musique

14072010

A Jean-Christophe Pucek pour m’avoir fait découvrir cet album.

La Prise de la Bastille en musique dans Histoire la-prise-de-la-bastille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avouons que le sujet était tout trouvé pour ce jour de Fête nationale française.

Il a plus de vingt ans maintenant, le Concerto Köln, un ensemble pour lequel les superlatifs viennent à manquer lorsqu’il faut en parler (il fête ses 25 ans, au passage, cette année), nous proposait un album intitulé « La Prise de la Bastille ». Sa réalisation prenait place dans les festivités du bicentenaire de la Révolution française. Quant à son programme, il nous proposait des concerti et symphonies inspirés de cet événement de l’histoire, contemporains des faits. C’est l’occasion de mesurer l’importance de l’événement en dehors des frontières de l’hexagone : Dittersdorf, Davaux, Martin et Gossec s’en inspirent.

Composer à partir des événements bien réels est une nouveauté à l’époque de l’éclosion de la musique de type symphonique. En effet, à l’époque baroque, ce sont les sujets antiques, médiévaux ou religieux, susceptibles par leur intemporalité de nous enseigner quelque morale ou valeur, qui prévalent.

Moins neuve sans doute, la composition de Davaux ouvre l’album : des airs patriotiques et populaires (Ca ira, la Marsellaise…) ponctuent brillamment sa symphonie concertante (période de transition aussi entre les styles concertant ou symphonique).

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Mais le chef d’oeuvre est sans doute cette symphonie « La Prise de la Bastille », de Dittersdorf : musique à programme où des échos du Chaos (les premières mesures s’apparentent fortement à cette de la Création de Joseph Haydn) évoluent rapidement. Les coups de canons et de fusils à l’assaut de la forteresse sont interprétés par les vents, le tout soutenu par une musique très vivante, aussi efficace que celle des bandes originales de cinéma.

Le deuxième mouvement, lent, est celui de l’apaisement où quelques mesures nous envahissent tantôt de désarrois, tantôt d’un sentiment de victoire encore fragile (la musique fait ressentir à l’auditeur l’impression que cet assaut était une « noble cause » et légitime le bien fondé de l’acte [motif et harmonie]), tantôt d’inquiétude. Enfin, un troisième mouvement en apothéose illustre la victoire, au son d’une marche militaire.

Ainsi, déjà à l’époque, la genèse du mythe de la Prise de la Bastille était en marche (lien vers un article sur ce mythe)…

 




Vivaldi – Armida al campo d’Egitto

11042010

Vivaldi - Armida al campo d'Egitto dans Baroque vivaldiarmidaalessandrininaiveIl y a dix ans, Naïve se lançait dans le pari assez fou d’exhumer les fonds Foà et Giordano de la Bibliothèque nationale de Turin, rassemblant une bonne partie de la production vivaldienne sous forme manuscrite et en partie inédite. L’Armida est le dixième opéra de l’Edition Vivaldi.

L’œuvre clôt la première phase la production d’opéras du prêtre roux et est représentée au carnaval de 1718, à Venise. Le succès fut tel que le compositeur la repris pour ouvrir la saison du Teatro Archiducale de Mantoue où l’opus fut à l’affiche pendant plus d’un mois. Quelques arie en furent même extraites afin de séduire le difficile public romain dans l’Ercole sul Termodonte. L’opéra sera même repris quelques années à peine avant le départ de Vivaldi pour Vienne. C’est dire si l’œuvre séduisait le public.

L’Armida tranche significativement avec l’ensemble de la production opératique du Vénitien : d’abord, l’effectif est réduit aux seules cordes, à quelques arie près, alors que nous sommes habitués à une instrumentation plus variée ; ensuite – et c’est lié au point précédent – nous sommes face à une écriture plus sage, moins exubérante et, disons-le, plus simple. Il faut dire que Vivaldi n’a non plus pas encore à devoir rivaliser avec l’opéra napolitain. Cet opus est donc un peu plus « vénitien », par les remarques précitées. L’héroïne de La Jérusalem délivrée du Tasse en est le sujet, traité de manière plutôt légère et affranchie de la tragédie originale. Exit donc les personnages aussi emblématiques que Roland, Renaud ou Tancrède, à peine évoqués.

Alors, que dire de cet enregistrement ? Pas mauvais mais pas passionnant non plus. À vrai dire, on s’ennuie un peu. On rêve quand on lit le sujet ; on désenchante devant la légèreté de son traitement et la longueur des récitatifs. Mais passons. Rinaldo Alessandrini prend ici le parti de l’ « historiquement le plus juste possible » (à savoir un effectif très réduit en raison de l’étroitesse de la salle du Teatro San Moisè dans laquelle l’opéra fut joué à Venise), quitte à perdre un peu en densité sonore. Quoique… elle semble bien présente à certains moments. C’est plutôt la sagesse du chef qui déçoit. Vivaldi, ce n’est pas que des attaques ou de la dextérité ; c’est aussi de la poésie et des subtilités mélodiques. Où sont-elles ? Certes, il y en a et certains artistes tels Sara Mingardo n’ont plus à démontrer leur talent dans le domaine mais elles demeurent trop rares chez les chanteurs et surtout dans l’orchestre. La subtilité ne doit pas être synonyme de sagesse artistique. Certains récitatifs sont aussi trop rapides. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer les extraits d’Armida du récital de Lorenzo Regazzo (dirigé par Alessandrini ; vol. 30 de l’Edition Vivaldi – extrait ci-dessus) à ceux de cet opus. L’orchestration manque d’engagement et de dynamisme.

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Quant aux voix, elles sont belles mais le manque d’implication de certains artistes déçoit également. Où est passée l’expressivité de Furio Zanasi ? La grandeur naturelle de son personnage interpelle à chacune de ses interventions, mais l’artiste demeure trop distant de l’action. Malheureusement, la prise de son n’aide pas non plus les artistes à s’affirmer par rapport à la musique. L’extrait suivant l’illustre assez bien :

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Quand je disais pas franchement mauvais (et on peut même souligner le travail convainquant du chef pour reconstituer la musique perdue du deuxième acte) mais pas vraiment passionnant…

Ce nouveau volume est le seul qui déçoit de manière significative depuis quelques années. Et gageons que le prochain volume de l’édition, consacré aux concerti per fagotto, nous fera oublier cette déception. Les premiers extraits disponibles sur le site de l’éditeur sont prometteurs. Fixons-nous donc rendez-vous le mois prochain pour l’écouter ensemble.

 

Vidéo de promotion de l’opéra

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Chants et soupirs des Renaissants selon Paul Van Nevel

27022010

Chants et soupirs des Renaissants selon Paul Van Nevel dans Musique 680ed296bba85f3729581931bebcb51eLes surprises sur la toile sont souvent heureuses quoi qu’en disent certains. Pas plus tard que ce matin, j’ai découvert un documentaire sur Paul Van Nevel et son Huelgas Ensemble.

Paul Van Nevel, cigare à la main, reste fidèle à lui-même. Ce spécialiste du répertoire renaissant et polyphonique nous a livré des interprétations qui font date et le feront longtemps encore. Je ne peux que très vivement conseiller Utopia triumphans, le Canzoniere de Pétrarque par Roland de Lassus et le Requiem de Richafort. Bien d’autres enregistrements de l’ensemble mériteraient d’être cités, tout comme le sublime coffret sorti par Sony dernièrement. Des billets leurs seront consacrés bientôt dans ces pages.

Apprendre à observer, à essayer de comprendre et de vivre ces oeuvres, telle est l’invitation de Paul Van Nevel à un voyage au coeur de la quête du sens et de l’esthétique de la Renaissance, quête de l’existence humaine et des pulsations de la vie en définitive. Chants et soupirs des Renaissants selon Paul Van Nevel est un documentaire passionnant signé Sandrine Willems (2001) qui nous livre sa « révélation » de l’ensemble sur cette page.

 

Visionner le documentaire

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Pour visionner le documentaire dans son entièreté, il suffit de cliquer sur l’image ci-dessous (playlist YouTube)

documentairevannevel dans Renaissance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Van Nevel




Quelques souvenirs d’hiver

17022010

Alors que la période de carnaval bat son plein, quelques souvenirs d’hiver (Bruxelles, Quartier royal et centre-ville) resurgissent une dernière fois. Les voici. Bruxelles sous la neige 2010.

Quelques souvenirs d'hiver dans Bruxelles bruxellesneige01

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